Une longue absence - Joseph Goodrich

Mon blogue

Une longue absence

Une longue absence - Joseph Goodrich

Mon cousin et moi, avions toujours été inséparables. Nous étions aux mêmes écoles et à la même université. J’étais un peu plus âgé que lui, alors je lui servais d’exemple. Quand je jouais au volley-ball, il insistait aussi pour en faire. À l’université, nous faisions les mêmes activités, et quand je me suis inscrit en cours de musique, lui aussi, il l’a fait. Nous avions beaucoup de points communs. De même pour les filles, on avait l’habitude d’avoir le béguin pour la même personne. Ça ne posait pas de problème, car on ne sortait pas avec. À la fin de l’université,  J’ai eu une relation sérieuse d’un an avec une femme que j’ai rencontrée dans les locaux d'une entreprise de remplacement toiture Mont-Tremblant. Elle y travaillait à l'époque, comme secrétaire. Elle s’appelait Clarisse. Nous avons voulu nous marier, mais on voulait attendre un peu, car on pensait qu’on était trop jeune. Puis, je suis parti à l’étranger, j’y ai vécu pendant cinq ans et j’ai perdu de vue, presque tout le monde, notamment Clarisse. Quand je suis revenu, mon cousin est venu me chercher à l’aéroport. J’étais très content de le voir après tant d’années de séparation. Je l’ai serré très fort dans mes bras et on a ri un bon coup, du fait de nos retrouvailles et des changements sur nos visages. Ensuite, il m’a un peu repoussé. Je voyais bien quelque chose n’allait pas, car il était devenu bizarre tout d’un coup, et assez nerveux. Il avait l’air d’avoir envie de me dire quelque chose. Sur la route, il m’a dit que beaucoup de choses ont changé depuis mon départ. Il m’a également dit qu’il s’est senti abandonné et seul pendant longtemps quand je suis parti. Je lui ai demandé ce qu’il essayait de me dire. Puis il m’a expliqué que lui et Clarisse étaient à présent mariés et qu’ils ont un enfant ensemble. Je n’arrivais pas à croire mes oreilles. La femme que je pensais être la bonne et mon cousin, celui que je croyais être mon âme sœur, ont fait leurs vies ensemble. Ce qui est pire, c’est qu’ils ne m’ont rien dit. Je n’ai rien dit pendant plus d’une heure. Puis, j’ai pris conscience que ce qui m’importait, c’était le bonheur de mon cousin. D’autant plus que j’étais parti longtemps, et que je ne donnais pas vraiment de nouvelles. J’adorais mon cousin, et puis, en y réfléchissant bien, avec mon absence, sur qui pouvait tomber amoureuse Clarisse, que sur quelqu’un comme moi. Les choses que Clarisse aimait chez moi, elle pouvait les trouver chez Alain.  Finalement, j’étais très content pour eux, et aujourd’hui, j’ai même accepté le fait d’être le parrain de leur enfant.