Un ami, un peu profiteur - Joseph Goodrich

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Un ami, un peu profiteur

Un ami, un peu profiteur - Joseph Goodrich

Un jour, j’allais rendre visite à un ami, qui s’était fabriqué une grande cabane pour y vivre. Il avait récupéré tout le bois d’une grange qui appartenait à ses grands-parents, et avait rebâti avec le bois de cette grange, une grande baraque sur le terrain du jardin de son père. Il avait tendance à ne plus s’entendre avec ses parents, tout en étant resté un peu trop adolescent, et dépendant d’eux. Il y avait juste un hic dans sa construction. Il avait certes su construire sa nouvelle maison, mais il n’avait pas pensé qu’il fallait aussi mettre des choses à l’intérieur. Les parents avaient refusé de lui prêter quoi que ce soit. Le pire, c’est qu’il ne voulait pas de vieilles choses qui traînaient chez les uns, et les autres. Nous avons pour cela, cherché plusieurs jours comment le satisfaire, car nous désirions tous profiter de cette cabane gigantesque, qui allait certainement servir pour beaucoup de karaokés futurs. Un de mes amis avait eu une idée. Il nous demanda de l’accompagner avec une camionnette, aux abords de la ville, dans une usine qui venait de fermer, et qui avait laissé derrière elle, pas mal d’objets. Ce qui intéressait particulièrement mon ami, était des tuyaux de debouchage drain, censés servir pour les routes forestières. Il avait dans sa tête, une quantité d’idées pour fabriquer pas mal de choses avec tout ce matériel.

Il commença par prendre un premier rouleau, et découpa des tronçons de même taille pour les coller, de sorte à faire des chaises longues. Il utilisa un second rouleau, où par ingéniosité, il sut fabriquer plusieurs fauteuils, et un très grand bar. En dernier, il fabriqua plusieurs lits. À la fin de la journée, nous étions en ruptures de rouleaux. Nous repartions en chercher d’autres. Nous fûmes reçus par le chien du gardien de nuit. Nous demandions au gardien de nous donner les derniers rouleaux qui étaient à l’abandon à l’extérieur de l’usine. En fin de semaine, mon ami avait presque tout un mobilier en rondeur. Il ne lui manquait plus qu’une baignoire et des toilettes. Quand je demandais comment il allait faire pour se débrouiller pour cela, il me fit un sourire. Il avait construit sa nouvelle baraque, juste à côté de celle de ses parents, parce qu’il avait encore l’intention de pouvoir profiter encore de leur patience. Il me montra du doigt, la salle de bain parentale, et les escaliers extérieurs qui y mènent. Je me disais que cela ne serait pas simple pour toutes les personnes qui viendraient lui rendre visite, et encore moins pour ses parents. Mais comme ils lui avaient donné l’autorisation de s’installer juste à côté, je pensais que peut-être, ils n’en avaient pas vraiment assez.